Exposition « Le monde enchanté de Jacques Demy » à La Cinémathèque française

Le cinéma de Jacques Demy dessine un monde. Un monde de villes portuaires (Nantes, Nice, Cherbourg, Rochefort, Los Angeles, Marseille) traversé de chassés-croisés amoureux, où l’imaginaire a toujours raison de l’impossible.Dix-neuf films que le cinéaste désirait tous, « liés les uns aux autres ». Une comédie humaine Pop, entrelacée de songes, formée d’une pléiade de personnages « en-chantés », oscillant entre dérision subtile des mots et sensualité.Sa galaxie se compose de matelots, forains, jumelles excentriques, fée des Lilas, princesse, ouvriers, marchand de télé ou Orphée moderne. Jacques Demy (1931-1990) est un de ces cinéastes magiciens, qui a su garder son enfanceintacte, continuant d’y puiser toute son énergie créatrice. Puissance desublimation inassouvie, présente aussi dans sa pratique de la photographie et de la peinture, que l’exposition révélera pour la première fois au grand public.Parce qu’à travers sa quête de l’idéal, Jacques Demy n’a cessé de croire au destin, il a réalisé des oeuvres qui, si elles semblent légères, sont profondément engagées. Le chant des poètes se mue alors en choeur du peuple, et Demy de ne jamais oublier de montrer que le réel est là, aux portes de ces « rubans de rêves » que sont pour lui les films.Son cinéma, radicalement émotionnel et esthétique, a valeur de manifeste, comme l’atteste la Palme d’Or qui lui fut remise pour Les Parapluies de Cherbourg, à Cannes en 1964. Ses longs métrages revisitent avec impertinence la comédie musicale hollywoodienne et le mélodrame poétique français, avec une touche de psychédélisme abstrait digne du cinéma expérimental.L’exposition fera rimer ses extraits de films avec des photographies, peintures, dessins, ou sculptures créés par les artistes dont Demy a revendiqué l’influence (Jean Cocteau, David Hockney, Alexander Calder, Raoul Dufy, Niki de Saint-Phalle). Elle proposera une traversée de ce Demy-monde, haut en couleurs, qui est un vrai continent à lui seul.

Serge Toubiana, Directeur général de La Cinémathèque française

& Matthieu Orléan, Commissaire de l’exposition



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